Biographie
Mikael Jihann
Né Mikael Krikor Djihanian · Le Caire, 15 mars 1934 – 13 mai 2019
Peintre surréaliste franco-américain d’origine arménienne. Son œuvre retrace une vie marquée par l’exil, la contrainte politique et la découverte enfin de la liberté artistique : un voyage du silence à l’expression.
Cinq villes, une vision
- 1934Le Caire, Égypte
Naît le 15 mars sous le nom de Mikael Krikor Djihanian, dans une famille arménienne.
- 1947Arménie soviétique
Émigre avec sa famille dans le cadre du programme de rapatriement d’après-guerre. Son art se forme sous un régime qui surveille chaque coup de pinceau, et il apprend à taire sa vision intérieure.
- 1957Moscou
Étudie les techniques classiques et contemporaines et découvre, souvent indirectement, les modernistes occidentaux comme Dalí. La tension entre imagination et contrainte devient son sujet.
- 1968France
Quitte la sphère soviétique. Libéré du contrôle idéologique, il développe son langage de maturité et gagne une reconnaissance dans toute l’Europe.
- 1984États-Unis
S’installe en Amérique et peint encore pendant trois décennies, son œuvre étant marquée par la mémoire du génocide arménien et par la question de la condition morale de l’humanité.
- 2019Héritage
Meurt le 13 mai. Ses tableaux demeurent, comme il pensait que l’art le doit : durables là où la matière ne l’est pas.
La méthode énigmatique
Composition
La science de l’harmonie et le fondement de tout ce qu’il a créé. Par la composition, ses idées acquièrent structure, équilibre et cohérence symbolique.
Déformation
Jamais simple exagération : un instrument émotionnel et symbolique pour affronter la brutalité et la corruption morale, et la conviction que l’humanité est sa propre pire ennemie.
L’idée comme forme
L’art est mémoire et idée avant d’être matière. Le sens précède l’objet, ce qui inscrit son œuvre dans un mode d’expression énigmatique.
Une vision intérieure
Un tableau ne commence pas par la nature mais par une idée, mûrie à travers croquis et études jusqu’à devenir une construction de mémoire, d’émotion et de pensée.
Aux côtés du spectateur
Il compose du point de vue du spectateur. Plusieurs réalités partagent une même toile, invitant à un regard actif plutôt qu’à une consommation passive.
Fragments de réalité
Les événements sont réduits à leur essence émotionnelle. De petites figures humaines animent l’espace et y ajoutent de la tension sans l’écraser.
Surréalisme énigmatique
La critique voyait en lui l’initiateur d’un langage unissant le surréalisme à une sensibilité énigmatique, construit par une composition délibérée plutôt que par l’automatisme.
Les études d’abord
Les croquis servent de réserve de motifs et de gestes. La structure est fixée sur le papier ; la couleur se trouve directement sur la toile.
Liberté de la couleur
Profondeur expressive, déformation délibérée et surtout liberté dans le traitement de la couleur, au service d’un réalisme qui évoque le poids et la fragilité de la vie humaine.
« L’art rend visible ce qui se trouve au-delà du visible. »
Paul Klee, un principe au cœur de la pratique de Jihann
